Le REGGAE

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Jean-Michel
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Le REGGAE

Message par Jean-Michel » samedi 18 mars 2006 13:49

Salut à tous,

Aujourd’hui je vous propose de mettre un coup de projecteur sur le Reggae.



Origines et histoire

Le reggae est apparu à la fin des années 1960, il est l'évolution du ska et du rocksteady, trouve ses racines dans la musique traditionnelle caribéenne comme le mento et le calypso, mais est aussi très influencé par le rythm&blues, le jazz et la soul music (la musique américaine est alors très en vogue en Jamaïque). A ces influences s'ajoute celle du mouvement rasta et des chants nyahbinghi, qui utilisent les Burrus africains (tambours) apportés par les esclaves en Jamaïque. Ce métissage ne s'arrêtera pas là, aujourd'hui nombre de styles s'inspirent, intégrent ou reprennent le style reggae, de par le monde. Le reggae est aujourd'hui une musique universelle, comme le souhaitait son principal ambassadeur, Bob Marley .

L'etymologie du terme reggae pourrait venir du mot "streggae", utilisé pour désigner quelqu'un qui s'habille mal, ou trop peu... comme les prostituées ; ce mot aurait été modifié par une radio jamaïcaine de l'époque. D'autres explications existent, comme la contraction de "regular guy"...

Contrairement au rocksteady, la paternité du reggae en tant que genre musical proprement dit est très controversée : Certains attribuent le premier disque de reggae aux Maytals avec "Do the Reggay" en août 1968, Toots est certes le premier à utiliser le mot "reggae" dans une chanson, mais d'autres morceaux au tempo un peu plus rapide que le rocksteady ont déjà préfiguré le style au cours de l'année 68. Ainsi, Pop-a-Top, de Lynford Anderson, annoncait déjà, début 68, un nouveau style de rythme, bien plus rapide. D'autres compositions se disputent le titre de premier reggae, dont le "Bang A Rang" de Stranger Cole & Lester Sterling (pour Bunnee Lee), le "Nanny Goat" de Larry Marshall & Alvin (sous la direction de Jackie Mittoo, pour Studio One), la première version méconnue du "Soul Rebel" de Bob Marley, et le "No More Heartache" des Beltones. Lee « Scratch » Perry est également à l'origine d'un des premiers succès reggae de 1968, "Long Shot" (chanté par les Pioneers, avec les jeunes frères Aston « Family Man » et Carlton Barrett à la basse/batterie), où il utilise une rythmique particulièrement rapide. Scratch travaille alors pour Joe Gibbs et le quittera pour ne pas avoir été crédité pour son travail sur ce morceau. Il reprendra ce morceau à son compte en se lançant dans la production, avec son propre label "upsetter" (énerveur). "People Funny Boy" fera un carton en angleterre. Scratch utilisera par la suite des pratiques innovantes qui transformeront le reggae, comme l'introduction de bruitages (l'origine du sample). Il fondera également le studio légendaire Black Ark (Où seront enregistrés Bob & The Wailers, The Congos, Max Romeo, Junior Murvin...)

Cette première phase d'évolution du reggae, qu'on appelle "early reggae", est caractérisée par un tempo plus rapide, et l'accélération du jeu à contretemps déjà présent avec le ska et le rocksteady. Puis le tempo ralentira et la basse se fera plus lourde encore, mais le reggae gardera cette base rythmique basse/batterie prédominante, et ce chaloupement propre au reggae.


Les origines du reggae par Linton Kwesi Johnson (LKJ) :

« Il y d'abord le mento, notre musique locale traditionnelle. Le ska, le rocksteady et le reggae ont pris au mento le jeu à contretemps de la guitare rythmique, et aussi certaine chansons transformées. Si on essaie d'établir des relations entre les musiques, et de voir quelles continuités existent d'une période à une autre, on peut isoler le jeu à contretemps de la guitare, que l'on peut entendre dans le mento avec le banjo, le ska, et qui correspond aussi au contretemps dans le rythm & blues et en particulier dans le piano boogie-woogie. C'est le " beat " entre les temps, c'est le Tin-Cutin'-Cutin' -Cutin', c'est le un ET deux ET trois ET… . Tu le retrouves dans toutes nos musiques, le reggae, le calypso, le mento, la musique de la Martinique, de la Guadeloupe, tu le retrouves dans le hi-life, mérengue. De plus cette attirance vers " l'after-beat " se retrouve dans les églises, avec les rythmes des tambourins, des claquements des mains, etc …bien sûr une grande part du mento est de la musique populaire. Mais nous avons aussi des traditions folk très fortes, qui pénètrent dans la musique à différentes étapes de son développement. Par exemple tu as la musique Burru, le tambour traditionnel africain sur lequel les gens font des chansons sur les évènements locaux. Ces chansons sont celles qu'ils chantent en creusant dans les champs, des " diggin'songs "… »


Style et Caractéristiques

Il se caractérise par un rythme binaire avec l'accent mis par la basse et la batterie sur les temps faibles, en particulier le troisième temps (connu sous le nom de "one drop") et par un contre-temps marqué par la guitare rythmique ou le clavier (connu sous le nom de "skank")


Diffusion

L'histoire du reggae est indissociable de celle des sound systems. Souvent lié à l'industrie phonographique locale et comparable à une sono mobile, le sound-system designe à la fois le matériel utilisé, l'équipe qui l'anime et la soirée elle-même.

Toute musique produite en Jamaïque est diffusée en sound-system et les disc jockeys (DJ) animent les danses depuis les années 50.

On peut citer notamment parmi les plus célèbres sound-systems ceux de Sir Coxsone Dodd (Studio One) et Duke Reid 'The Trojan' qui se sont longtemps affrontés avant de monter chacun leur propre studio, respectivement Studio One et Treasure Isle.


L'évolution du reggae

Dès sa naissance, en Jamaïque, le reggae évolue :
• 1968 - 1970 : le early reggae : tempo rapide, dû aux influences du mento local encore très rythmé, prédominance de la basse
• 1970 - 1972 : le reggae one-drop : tempo medium, rythme plus lent
• 1972 : le roots rock reggae : tempo plus lent, prédominance de la basse plus forte encore

C'est à cette époque, avec le succès de Bob Marley & The Wailers puis d'autres groupes comme les Gladiators et Black Uhuru que le reggae prend une dimension internationale. Dès lors, il pourra non seulement continuer à évoluer Jamaïque, mais il pourra reprendre son métissage à travers le monde :


DJ

Encourageant la foule ou commentant le quotidien dans les sounds, les DJ commencent à utiliser un phrasé original parfois proche de la psalmodie, entre parler et chant mélodique. Le premier est certainement le fameux U-Roy


Dub

La musique dub est dérivée du reggae. Au début des années 1970, les ingénieurs du son King Tubby et Errol Thompson approfondissent les recherches d'invention d'Augustus Pablo dans le domaine du reggae instrumental. Le style se caractérise alors par son accentuation rythmique, lourde et dépouillée, une basse très présente et une mélodie squelettique. On y ajoute des effets comme des échos, de la réverbération qui permettent aux toasters (disc-jockey du reggae) de développer leurs improvisations dans les sound-systems.

Cette mouvance jamaicaine est reprise dans les années 80 par des Sounds Systems anglais (Aba Shanti I par exemple) qui y rajoutent une bonne dose d'instruments électroniques et par la prédominance du Steppah (basse et grosse caisse sur chaque temps). Ce courant se développe ensuite en Europe (France, Allemagne, Autriche) puis se détache du mouvement reggae pour devenir un style à part entière.


Dub Poetry

La dub poetry est l'adaptation du genre "spoken word" à la musique reggae/dub. Le "poète dub" psalmodie ses textes en calquant son phrasé sur la rythmique qu'interprètent les musiciens qui l'accompagnent (Il ne chante pas mais pose sa poésie sur des rythmiques reggae/dub). Initialisé par Prince Far I, Michael Smith, Sister Breeze, Oku Onuara... c'est avec Linton Kwesi Johnson que le mouvement trouve son véritable représentant.

Cette "poèsie dub" reprend les thèmes et revendications des rastas mais s'intéresse de plus près à l'acte artistique, à l'engagement politique et social contre le racisme, l'impérialisme, les problèmes économiques...

Elle a su s'implanter dans les milieux culturels et intellectuels et contribue à élever le niveau du reggae et de la culture jamaïcaine. Des artistes comme Benjamin Zephaniah ou The Last Poets participent à l'évolution du style en l'orientant vers le Hip Hop et l'Electro.


Lover’s Rock

L’appellation, née à Londres au milieu des années 1970, définit un reggae "soft", doux, au rythme moins marqué, qui parle d’amour et de situations sentimentales et s’oppose en cela au reggae roots. La figure la plus représentative en est Gregory ISAACS.


Skinhead reggae

Genre musical né dans les années 1965 en Angleterre, suite au mélange des mods et des rudies, jamaïcains fans de reggae, donnant naissance à des skinheads auxquels ils ont transmis le goût de cette musique : des groupes se sont mis alors à jouer ce style spécifique pour répondre à leurs attentes.


Kaneka

Le kaneka est une forme musicale issue de Nouvelle-Calédonie où les kanaks se sont appropriés le reggae.


Nu roots (ou "new roots")

Depuis peu, le reggae one drop à l'ancienne a repris ses droits en Jamaïque (J.A). aux dépens d'un dancehall qui régnait en maître ces dix dernières années. De plus en plus influencé par le hip-hop américain, ce genre musical peinait à se renouveler. Il n'en fallait pas plus pour que quelques jeunes pétris de talent, que l'on appelle « nouvelle garde », s'engouffrent dans la brèche. Une brèche ouverte en 2002 par Warrior King et son tube Virtuous Woman, son premier véritable succès. Cette chanson a séduit le public jamaïcain non seulement pour sa qualité et son coté novateur, mais aussi pour la belle histoire autobiographique qu'elle racontait. En effet, cette chanson était destinée à son ex-petite amie qui, en l'entendant à la radio, a décidé de retourner avec lui, charmée par cette preuve d'amour. Les yardies, friands de contes de fées, ont littéralement accroché. S'ensuivit le bien nommé album Breath Of Fresh Air, un succès d'estime autant que commercial.

Puis, en 2003-2004, c'est tout une génération qui emmergea de l'iceberg reggae, rebaptisé new roots pour l'occasion. Ce fut d'abord Richie Spice, le cadet de la famille Banner, à qui l'on doit déjà les chanteurs Pliers et Spanner Banner, qui scora trois numéros un hit singles consécutifs. Dans l'ordre : Earth A Rune Red, Marijuana et Folly Living. Il est, depuis, devenu l'icône du renouveau du reggae et son album Spice In Your Life figure déjà au panthéon de la musique jamaïcaine moderne. Puis il y eut Chezidek et son Leave The Trees, Natty King avec ses No Guns To Town et Mr. Greedy, Fantan Mojah avec Hail The King et Hungry Days, Mr. Perfect avec Handcart Boy. D'ailleurs, ce dernier possède une histoire similaire à Warrior King. Sa chanson narre la belle histoire tirée de sa propre vie, à savoir celle d'un pauvre rasta pousseur de charrette amoureux d'une belle fille de bonne famille, et qui parvient malgré tout à la séduire.

Mais le leader de ce nouveau mouvement reggae, Jah Cure, vit une bien moins belle histoire : il est actuellement en prison depuis 2001 pour une sombre histoire de viol non prouvé et attend sa libération prévue pour 2007. Il continue de clamer son innocence et n'a jamais reconnu les faits. En attendant, il continue à distribuer ses titres au public grâce à une dérogation spéciale lui permettant d'enregistrer dans sa cellule.

Depuis, cela a donné des idées à certains et même les artistes dancehall se mettent au one drop, y compris le sauvage Elephant Man qui se met soudainement à chanter rastafari.

À des lieues du dancehall et de sa glorification des guns et des grosses voitures, le reggae one drop évolue constamment dans un climat positif et constructif. Les chansons ont bien souvent comme thème l'appel à l'amour, la condamnation de la violence, l'éloge de la weed (herbe) ou encore la dénonciation de la corruption presque traditionnelle.



Liens externes
• Roots Archives (en) une base de données très complète qui répertorie les albums (ainsi que leurs jaquettes) et artistes de reggae roots de 1970 à 1985.
• Reggaefrance.com (fr) base de données qui répertorie artistes et albums de 1995 à 2005. 400 fiches artistes avec biographies et discographies en français.
• Tapir's Reggae (en) Discographie des principaux labels en matière de Reggae.



Livres
• Tendance Rasta
Laurent Lavige et Carine Bernardi nous font voyager au sein de l'idéologie rasta. Un récit fort intéressant bien qu'un peu simpliste sur ce concept jamaïcain qui a dépassé les frontières, notamment grâce à la musique reggae à laquelle elle s'est associée d'elle-même.

• Le premier rasta Biographie très documentée de Leonard Howell, premier prédicateur rasta, par Hélène Lee

• Bass Culture, quand le Reggae était roi, livre très complet et très documenté de Lloyd Bradley, reprenant l'émergence de la musique populaire depuis les débuts du ska, jusqu'à Bob Marley et au-dela.

• Rastafari: Roots and ideology Le livre le plus complet sur le mouvement rastafari, pas encore traduit en français



Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Reggae
:wink:

Que l'émotion soit avec nous.

Amitiés,

Jean-Michel

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ben the only1
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Re: Le REGGAE

Message par ben the only1 » samedi 2 octobre 2010 22:15

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JVERT m'en avait parlé lors d'une rencontre et je ne regrette pas de l'avoir écouté! :ok:

A conseiller sans modération! :)
HP Papier, Tubes et vieilleries numériques!

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ben the only1
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Re: Le REGGAE

Message par ben the only1 » mercredi 20 octobre 2010 18:18

Trés bel nouvel album de cet artiste de reggae Ivoirien avec l'apparition d'instruments locaux mais la disparition d'instrument à vent. Quoiqu'il en soit, c'est fort réussi, trés frais et toujours aussi vindicatif concernant le gouvernement Africain!

J'aime beaucoup! :ok:

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astrorock
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Re: Le REGGAE

Message par astrorock » mercredi 10 novembre 2010 09:23

Si vous voulez tout savoir sur le genre et vous constituer une discotheque de base, precipitez bous sur lez livre "bass culture".

Pour commencer il faut se procurrer TOUTES les compilations studio one, car TOUS les artistes majeurs ont, un jour ou l'autre, enregistre pour coxsone. Le son studio one c'est LE son jamaicain par excellence, plus encore que le son black ark.

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Vous devez continuer par le triple cd "arkology" qui parcours ce qu'as produit de meilleurs l'immense lee "scratch" perry dans son mythique studio, detruit par un incendie depuis.

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Un fois tout ecoute, le label francais makasound produit la mythique serie inna de yard qui se propose d'enregistrer unplugged les legendes de l'ile dans leur jardin

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et qui reedite des introuvables de la grande epoque.

Quand vous aurez tout ecoute je pourrais vous proposez d'autres artistes. :lol:

Edit Eric62 : Liens commerciaux remplacé par les photos.
"Grimper par ruse au lieu de s'élever par force? Non merci! Exécuter des tours de souplesse dorsale? Non merci! Calculer, avoir peur, etre bleme? Non merci! Ne pas monter bien haut,peut-etre,mais tout seul!"

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