BARRY LYNDON

Vous parlerez ici de vos coups de coeur visuels.

Modérateurs : Bush Tucker Man, Eric62, Rico le Montais, rémipaseul

Répondre
Avatar du membre
divine_comedy
Messages : 81
Enregistré le : lundi 30 janvier 2006 09:45
Âge: 50
Localisation : dans les HP
Contact :

BARRY LYNDON

Message par divine_comedy » samedi 18 mars 2006 12:52

Bonjour à tous,

A mon tour je me lance pour vous parler de mon film préféré, un chef d'oeuvre absolu (amha)

3.2.1 Clap c'est parti



Film de STANLEY KUBRICK 1975

PRODUCTION Stanley Kubrick - Hawk Films - Peregrine

DISTRIBUTION Columbia - Warner Bros

SCÉNARIO Stanley Kubrick d'après le roman de W.M. Thackeray :

Les mémoires de Barry Lyndon

RÉALISATION Stanley Kubrick

CHEFS OPÉRATEURS John Alcott, Paddy Carey

MUSIQUE Schubert. Vivaldi. Bach. Haendel. Mozart. Purcell.
Airs traditionnels Irlandais.



INTERPRÈTES
Ryan O'NEAL Redmond Barry
Marisa BERENSON Lady Lyndon

-> 250 jours de tournage en Grande-Bretagne, Irlande et RDA. Le budget prévisionnel de 2,5 millions de dollars s'est transformé en budget final de 11 millions de dollars.

En 1976 il se voit attribuer 4 Oscars aux États-Unis décoration, costumes, adaptation musicale, image). Le film ne connaît le succès qu'en France, ailleurs, c'est un échec financier.

LE TRAVAIL SUR L'IMAGE

Stanley Kubrick voulait que ce soit d'une certaine façon un documentaire sur le XVIIIe.
Le film fut tourné en décors naturels, dans des lieux authentiques malgré la préférence de Kubrick à travailler en studio. Le château de la famille Lyndon : Hackton Castle, est composé d'un puzzle de quatre demeures historiques situées aux quatre coins de l'Angleterre.

Le travail sur les costumes procède de la même démarche : copie fidèle de costumes anciens ou utilisation de costumes authentiques.

Ce qui frappe fortement l'imagination, c'est le travail de la composition plastique : références picturales et travail du chef opérateur.

L'ÉCLAIRAGE EN INTÉRIEURS

Le travail du chef opérateur John Alcott a marqué une date dans l'histoire du cinéma contemporain, en particulier dans les scènes de nuit. Il a opté pour la lumière naturelle de l'époque : la bougie. Ce choix esthétique fut rendu possible par l'évolution de la technique : progrès dans l'optique, progrès dans la fabrication de la pellicule (émulsions), progrès dans le traitement en laboratoire.

La nécessité d'un objectif à grande ouverture a obligé l'équipe technique à modifier la caméra par des "bricolages" qui durèrent 3 mois !

C'est dans les scènes de jeu, par exemple où Lord Ludd, entouré de ses maîtresses (hommage à Watteau) affronte Balibari et Redmond, ou encore la scène de la rencontre avec Lady Lyndon, que le procédé atteint son effet maximum : la chaude lumière des bougies sur les lustres, le chatoiement des costumes, les visages maquillés des hommes et des femmes créent sous nos yeux un monde totalement autre.

L'utilisation d'un grand nombre de bougies dans des endroits plus modestes que des palais donne le même effet mais est moins cohérent du point de vue de la vérité historique.

Le tournage en "basse lumière", l'emploi d'un objectif à grande ouverture, le traitement "poussé" du négatif en laboratoire donnent par ailleurs un effet esthétique : la création d'un grain sur l'image (différent de l'effet de tramage assez souvent employé)

L'IMAGE EN "EXTÉRIEURS"


Barry Lyndon est le premier film à nous avoir proposé de superbes paysages, d'admirables ciels, dignes du pinceau de Constable, où l’œil voit vivre la lumière et le vent.
C'est seulement depuis peu de temps que la pellicule permet des écarts d'exposition (par le passage d'un nuage par exemple) et la variation de la lumière naturelle.

Il faut remarquer aussi les "basses lumières" (crépuscules, brumes), ainsi que les lumières rasantes de fin de journées.

On doit signaler également l'utilisation de l'objectif à focale variable (ZOOM) Angenieux 25/250, mis au point à la fin des années cinquante.

Dans Barry Lyndon, de nombreux plans-séquences sont conçus pour l'emploi du zoom (souvent un zoom arrière, partant d'un détail en gros plan et agrandissant le cadre, accompagné souvent d'un travelling ou panoramique combiné) : parade des soldats anglais, duel contre Quin, enterrement de Bryan... Ces plans-séquences ont une grande fluidité et une grande homogénéité.


***

Barry Lyndon est un film qui ne se contente pas d'être la mise en image d'un texte ("écranisation" comme disent les cinéastes soviétiques) pas plus que la mise en scène d'un dialogue, un très large part de l'histoire nous est racontée par l'image et par l'image seule, rehaussée par des effets sonores et musicaux.

L'importance narrative et émotionnelle de l'image est constante dans Barry Lyndon

Nous retrouvons, ici, la grande narration cinématographique héritée du cinéma muet.


LE RÔLE DU COMMENTAIRE

Stanley Kubrick combine deux récits parallèles mais non équivalents :
- Une histoire racontée en images
- Un commentaire parlé et un commentaire musical.

L'emploi du commentaire est fréquent chez Kubrick (Lolita, Orange mécanique, Les sentiers de la gloire, Docteur Folamour).

Dans Barry Lyndon, le commentaire permet d'éviter des dialogues et des scènes d'information, il permet également de préciser les lieux et les dates. A l'occasion , ce commentaire se fera ému, ironique, polémique, résigné, en fonction des scènes. Il arrive parfois que le commentaire soit en concurrence avec le récit en images et même le contredise.

L'IMPORTANCE DE LA MUSIQUE

La musique a toujours été importante dans les films de Kubrick (2001 et Le beau Danube bleu de Strauss, A Clockwork Orange et Beethoven ...). Stanley Kubrick a toujours insisté sur la musique non seulement comme accompagnement de l'image mais comme mode de communication. Kubrick vise un cinéma qui fonctionne au niveau de l'affectivité.

Kubrick a fait appel au compositeur américain Léonard Rosenman pour arranger les thèmes classiques qu'utilise le film : Sarabande de Haendel, Barbier de Séville de Paisiello, Hohenfriedburger de Frédéric le Grand, Trio avec piano, Opus 100 de Schubert, Concerto en ut mineur, BWV 1060 de Bach.

Dans Barry Lyndon on trouve deux types de musique :
- Musique diégétique qui appartient à l'action du film (marches militaires, musiques de concerts, musique de danse).
- Musique commentaire ou expressive par laquelle le réalisateur souhaite faire passer un climat poétique, une émotion.

Barry Lyndon est l'un des rares films où la musique joue un rôle aussi important pour la narration et le climat de l’œuvre.

Barry Lyndon est tout autant un concert classique qu'un musée de peinture.
Maurice Fleuret

Le commentaire parlé et le commentaire musical permet l'économie des dialogues qui sont surtout le fait des personnages secondaires.

Le film s'achève en montrant des personnages taciturnes, perdus dans leurs pensées et leurs rêves. Ce qu'ils ont vécu les a menés à un point où le langage est vain, désormais.


Source http://analysefilmique.free.fr v3.32


Bonne seances à vous tous :wink:

Avatar du membre
Eric62
Administrateur
Messages : 18394
Enregistré le : dimanche 12 février 2006 00:47
Âge: 51
Localisation : Sud de Lille au nord du Pas-de-Calais

Message par Eric62 » samedi 18 mars 2006 13:52

Bonjour divine_comedy,

+1 pour ce chef d'oeuvre, histoire, photo, montage et bien sûr musique, tout y est.

Cordialement , Eric :wink:

Strygar57
Messages : 37
Enregistré le : mardi 15 août 2006 22:42
Localisation : Là ou il pleut tout le temps donc, ou on peut écouter de la musique chez soi

Message par Strygar57 » jeudi 7 septembre 2006 23:15

Ah! Marisa BERENSON, quelle femme... Et quelles images. Rien que du bonheur quoi...

Répondre

Retourner vers « Films et DVD »